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VOYAGE AU CŒUR DE L’APPRENTISSAGE

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La consolidation de la crédibilité de l’association, sert de moyens de négociation avec les pouvoirs publics, grâce à cette crédibilité et grâce aux expériences des projets FAP, nous avons amené les autorités locales à toujours conjuguer avec El Ghaïth.

Créée il y a près de 22 ans, l’association El Ghaïth s’est largement développée, elle portait à l’origine des activités caritatives et aujourd’hui son volume a augmenté à travers de nouvelles pratiques liées à la mise en œuvre de projets de plus en plus importants et de plus en plus complexes. Une trentaine de projets ont été mis en œuvre par El Ghaïth depuis sa création.

A travers cette interview, quatre acteurs du projet de capitalisation témoignent du défi que s’est lancé l’association : capitaliser leurs expériences. Ils nous racontent cette démarche et émettent des recommandations en partageant les enseignements tirés des 3 projets financés depuis 2008 par le Programme Joussour dans le cadre du Fonds d’Appui Aux Projets (FAP).

Pourquoi est venue l’idée de capitaliser les expériences ?

Smail Izerrouken (Président de l’association el Ghaïth) :

La capitalisation d’expériences est un concept de récente introduction auprès des associations algériennes en général. Nous en avons pris connaissance pour la première fois au sein du programme «Joussour» qui capitalisait régulièrement sur ses actions. Nous pensions qu’il s’agissait d’une forme d’évaluation, ensuite «El Ghaith» a été retenue comme acteur lors de la dernière capitalisation du Programme qui portait sur la gouvernance. C’est à ce moment que nous avons commencé à percevoir les contours de cet outil de gestion et les avantages que pourrait en tirer notre association par son appropriation et nous avons commencé à en parler entre nous et à nos partenaires associatifs.

Depuis sa création en 1998, l’association El Ghaith est présente dans l’espace public de Bordj Bou Arreridj, à travers notamment une multitude de projets qui mettent en œuvre des actions de toutes sortes en vue de contribuer au développement social et économique local. L’association El Ghaïth a ainsi, réalisé plusieurs initiatives très souvent intéressantes, pouvant être améliorées et même reproduites au niveau national, mais qui finissent généralement par se perdre, faute de compétences techniques pour les capitaliser. Or, plusieurs projets ont fait émerger, au fil des années, de « bonnes pratiques » susceptibles de bénéficier à beaucoup d’acteurs et qui méritent d’être connues.

Capitalisation des projets FAP

C’est fort de la réalité évoquée que l’association El Ghaïth a voulu tenter une première expérience « capitaliser les actions pertinentes des projets FAP soutenus par le Programme Joussour et former une équipe d’animateurs à la capitalisation ». En effet, le Programme Joussour, depuis son démarrage à ce jour a financé de nombreux projets de l’association dont trois projets d’envergure dans le cadre du Fonds d’Appui Aux Projets (FAP). Les actions réalisées ont mis en avant un certain nombre de spécificités : caractère pilote de certaines activités, partenariat/mise en réseau, participation active des jeunes, coopération, gouvernance, innovation, articulation avec le territoire…. Pour ce faire, l’association a formulé ce projet dont l’objet est l’accompagnement de 12 animateurs à l’identification et à la capitalisation des expériences et pratiques des projets FAP financés par le programme « Joussour ».

En effet, le Programme Joussour, depuis son démarrage à ce jour a financé de nombreux projets de l’association dont trois projets d’envergure dans le cadre du Fonds d’Appui Aux Projets (FAP). Les actions réalisées ont mis en avant un certain nombre de spécificités : caractère pilote de certaines activités, partenariat/mise en réseau, participation active des jeunes, coopération, gouvernance, innovation, articulation avec le territoire…. Pour ce faire, l’association a formulé ce projet dont l’objet est l’accompagnement de 12 animateurs à l’identification et à la capitalisation des expériences et pratiques des projets FAP financés par le programme « Joussour ».

Tenter une première expérience « Capitaliser les actions pertinentes des projets FAP soutenus par le Programme Joussour et former une équipe d’animateurs à la capitalisation ».

Qu’est-ce que vous avez constatez suite à l’analyse des expériences des projets FAP ?

Smail Izerrouken (Président de l’Association El Ghaïth) : Nous avons constaté que le renforcement, la consolidation de la crédibilité de l’association, sert de moyens de négociation avec les pouvoirs publics, grâce à cette crédibilité et grâce aux expériences des projets FAP, nous avons amené les autorités locales à toujours conjuguer avec El Ghaïth.

Après avoir assisté aux sessions de formation et aux ateliers de capitalisation et en travaillant sur le programme élaboré pour collecter les informations via les entretiens, les analyser puis les écrire et les reformuler en vue de les publier et de les partager, Ahmed Saïd Belouahri, animateur de l’Association El Ghaïth, souligne qu’il a appris à collecter des informations et la manière dont il faut cibler l’expérience et la partager. 

Qu’avez-vous appris de ces expériences et que souhaitez-vous donner comme recommandations à nos lecteurs ?

Houria Belouahri (membre de l’association et coordinatrice de projets) : Sur le plan stratégique, nous avons constaté une amélioration de l’organisation interne et du fonctionnement de l’association. Il est indispensable de mener à bien une stratégie de réorganisation du travail et de son fonctionnement. 

Cette expérience nous a ouvert les yeux sur le fait que les actions que nous menons sont toujours intéressantes et méritent bien d’être connues, en capitalisant nos expériences on ne risque pas de les perdre au fil des années, comme c’était le cas pour les tous premiers projets de l’association. 

Ahmed Saïd Belouahri indique également qu’après cette analyse des expériences des projets FAP :  j’avais une autre vision sur ces trois expériences. Étant un acteur et un bénéficiaire des activités de ces projets, cette étape “d’analyse” nous a permis d’acquérir d’autres connaissances et compétences qu’on avait pas en faisant partie du projet en tant que bénéficiaire.

L’analyse nous a permis d’acquérir d’autres connaissances et compétences qu’on n’avait pas en faisant partie du projet en tant que bénéficiaires.

Recommandations aux lecteurs :

Smail Izerrouken (Président de l’association el Ghaïth) : Je peux recommander aux lecteurs de toujours impliquer (autant que possible) les autorités locales dans le processus de réalisation des actions, vu que leur apport au moins logistique dans le type d’actions que nous organisons peut être inestimable et non négligeable. Mais aussi, de toujours se mettre en contact avec le public-cible, discuter avec lui de la teneur de l’action prévue et enrichir cette dernière à partir des données récoltées.

Toujours impliquer les autorités dans le processus de réalisation  des actions et toujours se mobiliser avec le public cible.

Houria Belouahri (membre de l’association, coordinatrice de projets) : Nous recommandons, l´application des mécanismes pour le suivi des recommandations et des actions de plaidoyer, le renforcement des capacités de travail des animateurs en coordination et avec le soutien des membres, de prévoir des mécanismes de responsabilisation, valorisation pour renforcer la motivation du staff de l’association, de  renforcer la capacité d´enquête, de recherche et d´élaboration des rapports, développement des réseaux régionaux, de profiter du travail réalisé par le projet pour la création de réseaux régionaux d´information dans 4 régions du pays (Nord-Sud, Est-Ouest) et continuer à les développer et à les renforcer. 

Enfin, nous recommandons aussi d’amplifier les alliances stratégiques en partenariat avec des acteurs de la société civile qui (à part les associations choisies comme points focaux) ont une capacité remarquable pour fournir de l´information sur des cas ou des sujets de capitalisation et de renforcer l´espace de dialogue avec les OSC sur la capitalisation.

Ceci est du reste renforcé par le regard de Mustapha Hamoumou qui, en tant que consultant, a accompagné la formation des jeunes animateurs et ce processus de capitalisation :

J’ai mieux pris conscience de ce que pouvait apporter l’institutionnalisation de la pratique de la capitalisation au sein d’une association. En effet, je pense que la capitalisation des projets FAP et les leçons tirées permettront sans nul doute de renforcer les pratiques de l’association « El Ghaïth » qui évolueront vers plus d’efficacité et d’actions porteuses d’innovations à l’avenir. Ce qui  m’amène aussi à penser que si les associations algériennes,  a l’instar d’El Ghaïth, venaient à s’approprier la démarche d’apprentissage de la capitalisation par la pratique et que la pratique de la capitalisation venait à s’enraciner au sein de la société civile en Algérie, cela participera à la construction d’un mouvement associatif plus solidaire et plus visible au niveau des stratégies de développement du pays, dans la mesure où la capitalisation encourage la formalisation collective et le partage des savoirs et savoirs faire et peut favoriser ainsi l’émergence de  « communautés de pratiques » qui pourraient, à terme, mener à la construction d’un « mode d’action » associatif plus efficace et reconnu des autres partenaires du développement, plus particulièrement des pouvoirs publics.

 

 

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