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Enquête Covid-19 : interview de Dr. Bouchbout Djamel, Vice-président de l’association les Amis du malade, Sétif / Algérie

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Créée en 2009 à Sétif, l’association met en œuvre des actions médicales de proximité, elle assure le suivi des malades avec des caravanes médicales sillonnant toute la wilaya. L’association informe, prévient, sensibilise, accompagne et prend en charge les malades vivant dans la précarité. Elle organise notamment des collectes de sang et des journées scientifiques autour de thématiques liées à la santé et au bien-être.

Entretien du 03/09/2020

1/ Comment avez-vous vécu à titre personnel la pandémie du Covid-19 en Algérie ? Au début de la pandémie, j’ai vécu une période de stress assez importante liée à un manque d’information et d’orientation face à la propagation de la pandémie de coronavirus. Aujourd’hui, je crois avoir développé un mécanisme de défense face au stress, aux fake news et à la  panique. Je fais face, notamment, grâce à mon travail en première ligne car je suis pharmacien.

2/ Comment votre équipe a fait face à la pandémie du Covid-19 ? Dans un premier temps, nous avons gelé nos activités de déplacements à domicile d’assistance médicale et paramédicale et nous avons également été contraints d’arrêter nos activités de proximité et plus particulièrement la caravane de collecte de sang et les activités d’aides sociales. 

A Sétif, capitale de notre Wilaya, nous avons maintenu la collecte de sang pour alimenter la banque du sang car les besoins ont fortement augmenté durant cette crise sanitaire. Nous avons donc veillé à une continuité des services que nous développons. Nous avons aussi maintenu quelques consultations à domicile pour les patients les plus en nécessité.

Pour maintenir ces activités nous avons fait appel aux bénévoles volontaires. Ces derniers devaient se protéger en conséquence pour pouvoir intervenir et malgré la protection et les précautions prises,  quatre bénévoles (dont le président de l’association), ont contracté le coronavirus. Ceci nous a conduits à limiter les interventions à domiciles.  

3/ Quelle crise similaire avez-vous eu à gérer dans votre région ou pays ? Dans l’histoire de notre association, nous ne sommes pas intervenus lors de crises humanitaires ou sanitaires précédentes, la crise sanitaire du coronavirus est donc une première. 

Comparativement aux autres crises qui ont frappé l’Algérie dans le passé, la crise du coronavirus s’est étendue dans le temps et l’espace et elle fait peur. Nous avons eu besoin de faire appel à d’innombrables ressources et techniques et nous espérons dans un futur proche capitaliser ces apprentissages.     

4/ Comment jugez-vous votre réactivité face à la crise sanitaire ? En quoi cette expérience va-t-elle changer votre manière d’appréhender le futur ? Nous nous sommes constitués en support complémentaire aux services sanitaires dès le départ de la pandémie, notamment en fournissant des respirateurs à oxygène pour pallier aux détresses respiratoires des malades du Covid-19. Effectivement, en temps normal, nous fournissons des respirateurs aux malades asthmatiques et/ou aux personnes en détresse respiratoire. Au début de la pandémie et face à la saturation des hôpitaux, nous avons vite proposé d’assurer une respiration artificielle à domiciles pour les personnes ne pouvant pas être admis en unité de réanimation. Nous avons organisé cette aide par priorité médicale et en constituant une liste d’attente, en veillant à la désinfection du matériel utilisé pour le mettre à disposition d’un autre malade. En conclusion notre réaction a été proportionnelle à nos capacités et elle a touché un nombre important de nos concitoyens.         

Dans le futur, nous pensons former nos bénévoles à la protection face aux maladies infectieuses et aux gestes de secours et d’aides aux personnes en danger, nous envisageons aussi de consolider notre réseau d’associations médicales pour une meilleure prise en charge des malades et une meilleure orientation, étant donné aussi que nous travaillons au bénéfice de personnes vulnérables et souvent en précarité. Nous faisons en sorte de les mettre en contact avec des associations caritatives et juridiques pour qu’elles soient prises en charge et aidées. A chaque fois que nous constituons notre caravane, nous nous associons à une association caritative pour établir un dialogue avec les personnes dans le besoin et vulnérables. Nous pensons honnêtement qu’une association existe dans un tissu social et qu’elle a besoin d’un réseau pour répondre au mieux aux besoins des individus. Par ailleurs, nous sommes également un lien avec nos adhérents et les instances publiques, car nous les orientons vers ces dernières et nous nous constituons en support complémentaire en cas de crise.         

5/ Dites-moi plus sur les activités que vous avez menées pendant la pandémie du covid-19  Nous avons maintenu les transfusions sanguines à destination de la banque du sang, nous avons également maintenu certaines consultations pour des patients en situation d’urgence ou en situation de handicap, nous avons fourni des respirateurs à oxygène (voir plus haut) et enfin procédé à des distributions de matelas et de lits médicaux pour les hospitalisations à domicile.  

A propos Sami Loucif

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