Témoignages et interviews

Pour un programme Concerté Maghreb qui réunira le PCPA et le PCM.

Le secrétaire général du réseau marocain Jeunesse et Concertation REMAJEC à Joussour

En marge de la visite de la délégation marocaine à l’association Mimouna de Bouira, Monsieur Mustapha Lamrani nous a accordé un entretien.

Monsieur Mustapha Lamrani, vous êtes le secrétaire général du « réseau marocain jeunesse et concertation REMAJEC », qu’est ce que ce réseau ?

Ce sont des associations membres du PCM qui se sont mises en réseau, non seulement pour représenter le PCM devant l’administration marocaine, mais aussi pour assurer la continuité de la gestion du PCM puisqu’il est un programme et non une association formelle. L’objectif initial était la jeunesse marocaine et tout ce qui est concertation pluri-acteurs c’est-à-dire entre : société civile, collectivités locales, jeunes, femmes…etc.

Comment travaille-t-il ? Quelles sont ses tâches et ses prérogatives ?

Il est constitué de soixante quatre associations réparties sur tout le territoire marocain. Je viens moi-même d’une association du Nord du Maroc et je suis en même temps SG de ce réseau « REMAJEC » qui est un réseau qui va gérer le programme dans sa phase prochaine et qui va continuer un travail énorme sur le long terme.

Quant à ses tâches, il en a plusieurs. On a commencé par mettre en place les programmes concertés territoriaux –PCT- au niveau de chaque région. Aussi, un autre chantier est en cours, c’est les conseils de jeunes locaux qui sont en fait des espaces de concertation entre jeunes eux même. Ces deux chantiers sont très importants pour nous au Maroc parce que la nouvelle constitution marocaine a prévu la création d’un conseil consultatif de la jeunesse et de la société civile. Nous en tant qu’associations de société civile représentatives sur tout le royaume, il faut qu’on soit prêt. Il faut aussi que nos jeunes soient prêts pour adhérer à ce conseil consultatif.

Joussour aspire à mettre ses associations en réseau. Que pourriez-vous nous dire de votre expérience dans ce domaine ?

Le premier conseil que je peux donner c’est qu’il faut absolument que la création du réseau émane des associations elles mêmes avec une approche participative. Car il sera difficile dans le cas contraire de faire adhérer toutes les associations. Il faut viser la réussite de cette structure qui ne doit pas se substituer aux structures locales mais qui va être une coordination pour la continuité du programme. Sans ce réseau, le programme ne va pas continuer et cela va se répercuter négativement sur les associations locales. Il faut être conscient de cela. Il faut mettre toutes leurs compétences dans ce réseau pour sa réussite.

L’éxpérience Maroc a t- elle réussie ?

Le réseau à moins d’une année d’existence. Au moment de sa création, on s’est mis d’accord pour nous accorder une année avant de faire son analyse. Une année pour travailler ce réseau lui-même élaborer ses statuts, ses éléments de coordination pour tout faire accepter par le nouveau conseil d’administration.

Vous êtes présent ici en tant que SG du réseau ou président d’une association ?

Je suis ici en tant responsable du réseau REMAJEC

Alors que pensez-vous de cette rencontre ?

Je ne m’attendais pas à cela. C’est ma première visite en Algérie. C’est aussi ma première rencontre avec les associations algériennes et personnes de la société civile et même avec les élus. On a la même culture. Il y’a de bonnes pratiques de par et d’autres qu’il faut absolument échanger. Je crois que ça devient une priorité de créer un programme concerté Maghreb qui réunira le PCPA et le PCM.

Vous avez eu parmi vous aujourd’hui des membres d’associations mais aussi un représentant de la DJS et un maire. Est ce facile chez vous de mobiliser les pouvoirs publics ?

C’est facile et pas facile. En fait cela dépend membres de l’association. Il ne faut pas s’attendre à ce que les élus viennent eux même nous voir. Il faut aller les solliciter. En plus un élu pour qu’il vienne participer et s’intéresser aux activités de l’association il faut qu’il y trouve un intérêt On est parfois obligé de faire de la politique pour faire plaisir à un élu afin qu’il adhère à notre cause et participe à notre activité. Et il faut que le responsable de l’association le mette en évidence. Il faut le convaincre et lui montrer ce que lui et sa commune vont gagner. Chez nous l’élu vient parce qu’il trouve quelque chose qui va lui être bénéfique dans ses activités politiques ou communales. Il Y’a de plus en plus de communes qui adhèrent parce qu’elles trouvent dans la société civile une masse électorale importante qu’il faut tenter d’attirer de son côté et nous en tant qu’association on trouve que l’élu a des pouvoirs, et des prérogatives qui peuvent nous être utiles. C’est une entraide mutuelle. Chacun ses intérêts. En général, ça se passe bien mais il y’a des cas ou ça se corse.

Vous avez pu visiter quelques projets d’associations. Avez-vous trouvé des similitudes avec ceux menés par les associations marocaines ?

J’ai visité un gîte rural et nous avons-nous aussi travaillé sur des gîtes ruraux. On a aussi les mêmes préoccupations, les mêmes problèmes et les mêmes idées de solutions. Certes dans notre association on ne travaille pas souvent sur le sport par exemple mais j’ai vu hier des projets qui ont pu convertir le sport en activité sociale. Mettre le sport au service de la société n’es pas toujours facile car pour nous celui-ci reste un loisir. Dans le projet que j’ai visité c’est un projet de société, et cela m’a beaucoup touché.

Qu’est ce que ces échanges vous ont apporté ?

Techniquement j’ai appris beaucoup de choses. J’ai surtout constaté qu’au Maroc nous avons plus de moyens mais pas les mêmes conditions et cela me poussera à travailler plus. C’est un point saillant que je tiens à préciser.

Aussi, la rencontre des personnes m’a beaucoup enrichie. C’est la première fois que je discute avec des gens étrangers mais de même culture. On parle la même langue on est deux pays différents mais j’ai trouvé des gens à l’écoute et cela m’a beaucoup plu.

Merci