Populations vulnérables

Réseau des associations pour la protection et la promotion des droits de l’enfant - NADA

Le réseau Nada a pour objectif d’amener les associations et les institutions à intégrer la question des droits de l’enfant dans leur stratégie de développement et ce, par la formation, le plaidoyer, la sensibilisation et la mobilisation.

Plaidoyer pour les droits de l’enfant

Le réseau Nada a pour objectif d’amener les associations et les institutions à intégrer la question des droits de l’enfant dans leur stratégie de développement et ce, par la formation, le plaidoyer, la sensibilisation et la mobilisation.

Le réseau NADA est né en 2004 à l’initiative des Scouts Musulmans Algériens. Cette organisation nationale, qui a existé avant l’indépendance, a servi de base logistique et méthodologique à la création de ce réseau. Elle a pour objectif principal de sensibiliser les associations qui travaillent dans le domaine de l’enfance, pour les amener à intégrer la question sensible des droits de l’enfant dans leurs pratiques et leurs objectifs de travail.

L’élément déclencheur de la création du réseau NADA a été le séisme, particulièrement dévastateur, de 2003, qui a touché la région du centre en Algérie. Les scouts musulmans se sont mobilisés sur le terrain du secourisme avec des ONG comme Touiza, la SARP et bien d’autres. Ces associations ont dû inventer des méthodes de collaboration pluridisciplinaires pour répondre aux besoins de l’ensemble des personnes sinistrées. Cette même année, l’UNICEF avait organisé un séminaire sur le travail en réseau, dont l’un des effets a été la concertation entre les associations pour constituer un réseau œuvrant à la promotion et à la protection des droits des enfants. Les Scouts Musulmans Algériens, porteurs de ce projet ont donné naissance à NADA en 2004.

« Au départ il y a eu les craintes, de certaines associations du réseau, d’un contrôle des activités par les pouvoirs publics », confie Aberrahmane Arar. Cela en raison des liens qu’entretient la structure des scouts avec les institutions de l’Etat. Mais il fallait au réseau une existence formelle pour la gestion des ressources humaines et des fonds. « Aujourd’hui NADA a prouvé sa capacité à garder son autonomie et à monter des projets », rajoute-t-il.

De 2004 à 2008 le réseau n’a eu de cesse de se structurer, de réaliser sa charte (adoptée en mai 2004) et de s’élargir à 100 ONG au niveau national à travers trente cinq wilayas.

Dans ce travail de structuration, le réseau a pu construire son autonomie. Abderrahmane Arar, son président, est détaché de la direction au ministère de la Jeunesse et des Sports pour assurer à plein temps sa gestion et la mise en place de l’action de plaidoyer pour les droits de l’enfant. Les locaux de NADA, situés rue Didouche Mourad, sont accessibles à toutes les associations adhérentes au réseau ou bien souhaitant s’informer sur les droits de l’enfant.

Pour un code de protection des droits de l’enfant

Selon l’avis de Aberrahmane, NADA est né pour répondre à un vide juridique en matière de code de protection des droits de l’enfant. Nada a intégré les travaux des groupes interministériels qui s’attellent à la rédaction d’une proposition de loi pour la protection des droits de l’enfant dans leur globalité. Proposition a été faite de la nomination d’un délégué de l’enfant, dont le rôle serait de veiller à faire respecter les droits des enfants nés hors mariage, leur placement dans une famille avec la mise en place d’un suivi.

« Aujourd’hui les associations qui travaillent sur l’enfance n’intègrent pas encore la dimension du droit », fait-il remarquer. La mission du réseau est d’aider par la formation, par des stratégies de renforcement et la mise en place de groupes d’études, la prise en compte, de façon consciente, de cette dimension du droit et de son intégration dans le fonctionnement de la structure associative.
NADA préconise la formation, voir la spécialisation d’experts en droit, d’avocats et de médecins légistes spécialisés dans les droits de l’enfant.
C’est autour de la notion de plaidoyer que NADA compte renforcer ses actions grâce à la participation active des partenaires publics ; mettant ainsi en place un comité consultatif pour la promotion et la protection des droits de l’enfant. Une façon pour NADA d’impliquer toutes franges de la société pour faire évoluer la législation et les pratiques sociales dans le domaine stratégique des droits de l’enfant.

« Je t’écoute », un centre d’écoute des plaintes et des violations des droits de l’enfant « Je t’écoute » est un projet qui a été élaboré avec l’aide et l’expertise du PNUD et de l’ONU et soutenu par le PCPA (Programme Concerté Pluri-acteurs Algérie). Leur accompagnement méthodologique, à chaque étape du suivi, a permis aux animateurs de NADA de construire ce projet dont la phase pilote a démarré en avril 2008. Il vise à la mobilisation de tous les acteurs concernés par les droits de l’enfant et cela à plusieurs niveaux. Il s’agit de donner les moyens à tous les acteurs pour agir dans le sens de la dénonciation des violations des droits de l’enfant. Ce programme de formation, de plaidoyer vise, aussi, à inciter les pouvoirs publics à renforcer davantage la protection de l’enfant.

La première étape du projet consiste à former, courant avril 2008, le personnel de la cellule d’écoute aux techniques d’écoute et de conseils. Il sera basé à Chéraga. La deuxième étape sera l’ouverture effective de ce centre qui enregistrera les plaintes et orientera les dossiers au sein des locaux de NADA, où une cellule technique et pluridisciplinaire sera mobilisée pour le traitement des dossiers et le lien avec les institutions.

Au-delà de ce centre d’écoute, qui constitue le cœur de l’action de NADA, les responsables du réseau continueront à promouvoir la culture des droits de l’enfant en organisant des campagnes publicitaires, des expositions de photos, des concours de dessins, des pièces de théâtre et d’autres actions, contribuant à faire en sorte que cette cause soit partagée par le plus grand nombre d’acteurs de la société.
Un centre culturel dédié aux droits de l’enfant sera ouvert dans le courant de l’année 2008.