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Quelle place pour les jeunes dans les associations ?

Présentation du séminaire organisé par la Fondation de France en partenariat avec Handicap International Algérie et le PCPA Joussour, en arabe et en français



Dans le cadre du programme de la Fondation de France : " Méditerranée, d’une rive à l’autre " un séminaire sur la place des jeunes dans les associations a été organisé à Tipaza du 5 au 8 octobre 2009.

Les Objectifs du séminaire

L’inclusion des jeunes dans la vie des associations du Maghreb soulève des questions essentielles. Sa mise en œuvre peut poser de véritables défis pour qui s’y engage. Il serait illusoire d’espérer qu’elle soit naturelle ou spontanée. Comme toute inclusion, celle-ci demande à être réfléchie, préparée et parfois « négociée ».

La légitimité de la présence des jeunes en tant que professionnels, élus ou plus modestement en tant qu’adhérents dans le monde associatif n’est pas à démontrer, car tous les pays du Maghreb partagent une réalité commune : l’importance démographique des jeunes au sein de leur société. Plus de la moitié de la population de l’Algérie, du Maroc et de la Tunisie est âgée aujourd’hui de moins de 29 ans.

Parce que les jeunes sont leurs décideurs ou leurs salariés de demain, les associations doivent leur préparer et leur aménager une présence, tant dans leur fonctionnement que dans leurs instances de direction. Aux associations déjà existantes, leur intégration apporte de l’énergie, de nouveaux savoir-faire, mais surtout le regard neuf de la jeunesse. Un regard en prise directe avec les besoins, les désirs et les « ambitions » que les jeunes ont pour leur société et qu’ils ont parfois du mal à faire entendre et à faire avancer. Certains jeunes ont su s’engager seuls et avec succès dans l’aventure de la création d’une association. Autant d’initiatives qui démontrent leurs capacités à entreprendre, à s’organiser et à agir collectivement.

Il serait illusoire d’imaginer que l’inclusion ne bouscule pas certaines conceptions et certaines pratiques établies dans le monde associatif par leurs aînés. Les jeunes sont toujours porteurs d’ambitions nouvelles, de volontés de faire différemment et d’une impatience qui leur est propre. Les jeunes sont et seront toujours sources d’initiatives de changements ; porteurs parfois de frictions et de tensions intergénérationnelles. Inclure les jeunes, amplifier leur présence à tous les niveaux de la vie associative demande une vision claire des avantages que tous peuvent en attendre et les difficultés qu’il peut y avoir à construire des démarches efficaces d’inclusion.

Les clefs du succès d’une bonne inclusion résident dans l’acquisition de vrais savoir-faire en leur direction, en matière d’écoute, de modalités d’intégration au sein des collectifs, de transferts de compétences et de responsabilisation. Former et qualifier les jeunes à assumer leurs responsabilités au sein des associations exige également des « aînés » une ouverture d’esprit à l’égard de ce qui est nouveau, des capacités positives de remise en cause et de partage, en temps voulu, de leur « pouvoir » de décision.

Le programme « Méditerranée, d’une rive à l’autre » de la Fondation de France porte cette attention notamment à l’égard des plus vulnérables. Ce séminaire « Quelle place pour les jeunes dans les associations ? » est l’occasion d’investir et de s’interroger sur cet enjeu souvent négligé et pourtant si important pour la consolidation et le devenir du monde associatif algérien, marocain et tunisien. Il nous permettra, jeunes et moins jeunes, de prendre le temps d’échanger, de confronter nos expériences, nos attentes et de réfléchir collectivement sur ce que peuvent être les pratiques et les modalités garantes de bonnes inclusions des jeunes dans le monde associatif.

La participation des jeunes à ce séminaire, que nous avons voulu importante, sera également l’occasion de revenir sur la thématique centrale de « La place et du rôle des associations ». Elles sont des actrices incontournables de l’évolution des sociétés aux cotés et/ou avec l’Etat et les collectivités territoriales. Indépendantes, elles doivent parfois savoir s’organiser pour faire entendre leurs voix et ce qu’elles ont à proposer pour répondre aux besoins des populations. La présence de jeunes impliqués dans la vie associative, donnera l’occasion de revenir sur ces enjeux avec un regard collectif enrichi de leurs expériences et de leurs ambitions pour la vie associative de demain.

Pour favoriser l’expression de chacun, le séminaire est principalement organisé en ateliers qui traiteront de ces deux thèmes.

Thème 1 : la place des jeunes dans les associations

- Ateliers 1 et 2 : La place des jeunes dans la vie associative

S’interroger sur les moyens de consolider et de développer le tissu associatif en Algérie, au Maroc et en Tunisie nécessite une réflexion préalable sur la place, le rôle et les apports des jeunes. Comment faire en sorte qu’ils trouvent leur place légitime à tous les niveaux de la vie associative ? Parvenir à mobiliser les jeunes est déjà en soi un enjeu. Evidemment, cela ne suffit pas. Des modalités et des actions d’inclusions adaptées doivent être trouvées afin que les jeunes trouvent leurs places à tous les niveaux du monde associatif. Inclure, c’est également préparer les structures et les aînés à l’accueil des nouveaux et au partage du pouvoir de décision. Mais selon quels principes et quelles méthodes ? On ne saurait prétendre qu’il existe une solution unique. Les voies pour y parvenir sont nombreuses. Et leur pertinence ressort souvent du fait qu’elles tiennent compte de l’histoire, de l’identité de chaque association et des spécificités du pays d’appartenance.

- Ateliers 3 et 4 : Le bénéfice d’un engagement associatif dans un parcours de vie

L’engagement associatif correspond souvent à une période donnée de la vie de chacun. L’associatif est une école de la vie, du savoir-être et riche en transmission de savoir-faire. Comment faire pour que ces acquis soient de vrais atouts tout au long du parcours de vie professionnel et personnel des jeunes ?

Thème 2 : la place et le rôle des associations

- Ateliers 5 et 6 : Spécificité associative et complémentarité avec les pouvoirs publics

Les associations sont des acteurs incontournables de la société, actives dans la prise en charge de nombreux besoins sociaux qu’il leur arrive parfois de révéler. Si elles n’ont pas vocation à se substituer aux politiques publiques, leur action est souvent complémentaire. Dès lors, l’articulation entre les politiques publiques et les actions des associations est inévitable.

- Ateliers 7 et 8 : Impact de la mise en réseau

Un partenariat de qualité repose sur une définition claire des rôles et des attentes respectives de chacun. Mais il ne saurait y avoir de place, de frontières et de lignes de démarcation définitives. Les évolutions de la société induisent dans son sillage un besoin permanent d’adaptation. Le dialogue, les instances et les procédures de concertation entre l’Etat, les collectivités territoriales et les associations sont les instruments privilégiés de redéfinition des engagements et des attentes réciproques. Le monde associatif est composé d’une multitude d’acteurs. Comment faire en sorte que l’associatif puisse parler et se faire entendre ? La place et le rôle du monde associatif dans toute société civile ne résultent-ils pas, ne serait-ce qu’en partie, de ses capacités à se mobiliser et à organiser collectivement ses représentations ? Là encore, les réponses et les solutions varient d’un pays à l’autre en fonction des réalités nationales.