Témoignages et interviews

Interview de Monsieur Arab Izarouken

Lisez ici l’interview de Monsieur Arab Izarouken accordée en marge des Focus Groupes tenus à Alger les 16 et 17 mars 2012

Monsieur Izerouken, vous êtes - avec Monsieur Roca - en charge de la capitalisation du programme Joussour et vous animez depuis deux jours des rencontres appelées Focus Groupes. Qu’est ce que ces Focus Groupes ? et comment sont-ils perçus par les associations ?

Il y’a eu un travail préparatoire, parce que ces Focus groupes interviennent après une série d’entretiens qu’on a eu avec un échantillon d’associations sur la mission de capitalisation. On leurs avait expliqué un peu les techniques qu’on allait utiliser pour la mission de capitalisation D’abord c’était pour nous en tant que consultants de l’observation participante. On a vu un peu les moments collectifs, on a essayé de participer à certains d’entre eux pour avoir une idée sur ce que pensent les gens, comment ils voient les choses…etc. Ensuite et de manière plus ou moins systématique, on a commencé les entretiens avec un échantillon représentatif de la population du PCPA. Lors de ces entretiens on leur a annoncé qu’il allait y avoir des Focus Groupes. Donc à partir du moment où on a expliqué ce qu’était la capitalisation et les objectifs fixés aux Focus Groupes dans le cadre de ce processus, je pense que les gens ont en gros compris ce qu’on voulait. Mais il n’était pas question pour nous d’en faire ni des spécialistes de la capitalisation ni des Focus Groupes. Ils ont une idée un peu de cette technique qui est utilisée dans des études qualitatives qui n’a pas pour but de remplacer les enquêtes et les sondages extrêmement couteux mais quand on a pas le temps, quand on a des hypothèses à vérifier, quand on veut faire la photographie de ce que les gens pensent à un moment donné et de la représentation qu’ils se font sur une thématique donnée, on a recours à cette technique qui s’appelle les Focus groupes.

Mais malgré cela, certaines associations se sont senties exclues de n’avoir pas été invitées à ces Focus. Que pouvez-vous leurs dire à ce propos ?

C’est tout à fait légitime de leur part de se sentir un peu exclues si on n’explique pas la démarche. Or pour arriver à ce panel d’associations et à cet échantillon, il y’a eu un travail qui a duré un peu plus d’un mois, pour déterminer tous les critères. On ne peut pas prendre tout le monde. C’est impossible. Il faut que ça soit représentatif par exemple des territoires FAIL, d’associations qui ont gérés des projets ou qui activent dans le milieu urbain, le périurbain, le milieu rural… etc. Donc il y ‘a une multitude de critères pour une masse critique très réduite. C’est-à-dire pour 120 acteurs il faut tenir compte d’une cinquantaine de critères qu’on a alignés. Forcément il va y avoir des gens qui ne vont pas participer. Mais il y’a eu des moments collectifs, auxquels on a pris part, le BMP par exemple, le bilan mi parcours des FAP, les rencontres sur le FICR,...etc. Il faut que les gens comprennent qu’il y’a une démarche et une méthodologie. Si on veut que les choses soient rigoureuses, on ne va pas inviter tout le monde . Ça ne peut pas se faire dans les limites imparties du rapport temps et budget aussi.

Pensez vous que la phase capitalisation est importante pour le programme Joussour ?

C’est l’un des premiers programmes – En tout cas, dans le pays- qui œuvre à inscrire la capitalisation comme une mission continue. Avant on connaissait les missions d’évaluation, de monitoring, d’audit mais c’est la première fois qu’un programme mette la capitalisation au centre de ses préoccupations et en continu sur une période très longue relativement par rapport à la durée du programme. Je pense que de plus en plus les gens vont mettre au centre de leurs intérêt la capitalisation. Mais il faut comprendre que c’est un processus. Aujourd’hui on le fait au niveau de l’ensemble du programme, mais le mieux c’est que chaque entité le fasse. Comment fait-on pour travailler ? Pour prendre une décision ? pour élaborer des critères. Ensuite il faut communiquer cette expérience, la partager et la socialiser d’abord au niveau de l’association et avec d’autres. Mais je pense que c’est incontournable si on ne veut pas rester dans le mythe de SISYPHE, à chaque fois on refait les mêmes erreurs et de la même façon.

Merci Monsieur Izarouken