Populations vulnérables

Ligue des activités de loisirs éducatifs pour enfants en milieu hospitalier-LALEEMH-

La naissance d’un métier : éducateur à l’hôpital

La Ligue des activités de loisirs éducatifs pour enfants en milieu hospitalier active dans le domaine des loisirs des enfants hospitalisés. Elle regroupe plus d’une dizaine d’associations qui organisent au sein des hôpitaux des activités ludiques et culturelles pour les enfants malades.

La naissance d’un métier : éducateur à l’hôpital

La Ligue des activités de loisirs éducatifs pour enfants en milieu hospitalier active dans le domaine des loisirs des enfants hospitalisés. Elle regroupe plus d’une dizaine d’associations qui organisent au sein des hôpitaux des activités ludiques et culturelles pour les enfants malades.

La Ligue des activités de loisirs éducatifs pour enfants en milieu hospitalier regroupe plus d’une dizaine d’associations qui œuvrent dans le domaine des loisirs pour enfants malades dans les hôpitaux d’Alger et ses environs. Elle est soutenue et co-financée par la direction de la Jeunesse de la wilaya et sous tutelle du ministère de la Jeunesse et des Sports.

Les personnes qui gèrent les différentes associations et organisent les activités ont une formation d’éducateur spécialisé. La rencontre avec Mme Chabi n’est pas commune. Cette femme au sourire franc, en poste depuis 1973, à l’hôpital Mustapha, y exerce un métier très particulier. Elle s’occupe des loisirs pour les enfants hospitalisés dans les différents services de ce gigantesque et mythique hôpital d’Alger.

Elle a eu un rôle de pionnière dans ce métier. « Au début je ne voulais pas faire ce métier, j’étais destinée à être conseillère pédagogique. A priori je déteste les hôpitaux, mais une rencontre a changé le cours des choses  ». Mme Chabi a rencontré la Sœur Vincente alors qu’elle était étudiante et effectuait son stage d’éducatrice spécialisée à Tixeraïne. « Elle m’a incitée à demander à mon directeur d’envoyer des stagiaires à l’hôpital pour s’occuper des loisirs des enfants. Le directeur m’a rétorqué : vous n’avez qu’à y aller vous-même ». C’est ainsi que Mme Chabi se retrouve à l’hôpital Mustapha, d’abord en tant que stagiaire. Elle est encouragée par le professeur Khati qui met à leur disposition un transport de l’hôpital pour leurs déplacements.

« À la fin de mes études, le ministère de la Jeunesse et des Sports dont nous dépendions, m’affecte à la mise en place, au sein des hôpitaux, d’un service qui s’occupe exclusivement et à temps plein des enfants hospitalisés », raconte-elle. Elle recrute, mobilise, organise, forme et affecte du personnel aux services. Le métier vient de naître et elle est chargée de répercuter cette pratique dans les autres hôpitaux : Tixeraine, Beni-Messous, Maillot etc Une dizaine d’hôpitaux sont ainsi impliqués.

« Nous avons commencé avec peu de moyens. Souvent nous procédions à de la récupération pour réaliser des cadres, des albums photos, des bouquets de fleurs...Mais depuis 1992 nous avons été autorisés à créer notre propre association et demander ainsi des subventions. Cet argent nous sert à acheter du matériel audio-visuel, de la peinture, à organiser des fêtes pour les enfants et leurs parents... mais pour ce qui est du statut des salariés, nous sommes tous des fonctionnaires du ministère de la jeunesse, détachés dans les hôpitaux  ».
La discussion se poursuit en visitant les salles dédiées aux activités ; les éducatrices sont là, présentes, encadrant les enfants. « Lorsque les enfants ne peuvent pas se déplacer vers les salles de loisirs, nous allons vers eux avec les jeux. Cela se fait l’après-midi parce que les matinées sont réservées aux soins. Il ne faut pas oublier que nous sommes dans un hôpital. Nous travaillons dans le respect du personnel soignant. Rien ne peut être fait sans leur accord. C’est pour cela qu’il est très important que les éducateurs soient formés à ce travail de partenariat. Nous devons être très attentifs à l’état des enfants et demander conseil au personnel médical et paramédical lorsque les choses nous dépassent. Tout se fait avec délicatesse. Il faut prendre en compte les maladies contagieuses, les enfants qui ont une mobilité réduite, les enfants en fin de vie... »
Les associations sont soutenues par la « Ligue des activités de loisirs éducatifs pour enfants en milieu hospitalier ». Elle apporte un appui méthodologique, mobilise les artistes pour les spectacles et les sorties, fait appel aux dons, répond aux besoins des associations en personnel, matériel et formations. La Ligue organise aussi des stages à l’étranger, notamment dans les hôpitaux français, pour les éducatrices afin qu’elles confrontent leurs pratiques et qu’elles enrichissent leur expérience.

Des formations et des séminaires sont aussi planifiés pour améliorer les performances du personnel éducatif. Il s’agit de formation en nouvelles techniques d’animation ou bien de formation relative, par exemple, à la prise en charge de l’enfant dans sa globalité, c’est-à-dire le développement des compétences en matière de collaboration avec tout le personnel de l’hôpital pour que les conditions de croissance de l’enfant soient réunies. En effet, la vision, que la ligue développe, tend à sensibiliser l’entourage de l’enfant malade sur la nécessité de s’occuper aussi de son développement en tant que personne. Mme Chabi fait remarquer l’absence de constance de l’Education Nationale da ns le domaine de l’encadrement des enfants, sans ignorer, toutefois, qu’il est très difficile de faire travailler les enfants malades. Mais elle aurait souhaité que les enseignants s’organisent mieux pour réellement assurer le suivi scolaire de certains enfants afin qu’ils ne cumulent pas de retard. « Au début de l’année ils viennent, ensuite on ne les voit plus, c’est dommage...  »,dit-elle.
A leur niveau, ils essayent de continuer à faire de l’éveil et à maintenir la curiosité des enfants.

« Yasmina est une enfant qui a grandi à l’hôpital ; originaire de Boussaâda, elle est atteinte d’un cancer. Elle a appris avec les animatrices à peindre. Aujourd’hui, elle est pubère et a sûrement d’autres besoins. J’essaye d’organiser pour elle une exposition pour qu’elle puisse vendre ses tableaux », conclut Mme Chabi en marchant vers la sortie de l’hôpital, tout en saluant les médecins, infirmiers et parents.