Culture, éducation, insertion

Ligue des Activités Scientifiques et Techniques de Jeunes - LASTJ –

Un premier pas dans la formation et la gestion de projet

La LASTJ, qui regroupe huit associations, a lancé une petite formation d’initiation à l’informatique en direction de jeunes en difficulté.

Un premier pas dans la formation et la gestion de projet

La LASTJ, qui regroupe huit associations, a lancé une petite formation d’initiation à l’informatique en direction de jeunes en difficulté.

La Ligue des activités scientifiques et techniques de jeunes (LASTJ) est installée dans un petit local, au pied d’un immeuble vétuste à El Menchar, à Constantine. Dans ce quartier populaire, tout le monde connaît Dar Echabab (la maison de jeunes), nom donné ici à la Ligue. Le local de la LASTJ est vide ; il a été repeint à neuf, et il ne subsiste qu’une enseigne défraîchie et un piano usé qui trône à l’entrée. La petite salle, qui appartient à la Direction de la jeunesse et des sports (DJS) de la ville, va être aménagée prochainement en espace de formation informatique.

Ajiba Bouchareb, 42 ans, fait rapidement le tour du propriétaire. Cette diplômée en finance a rejoint la ligue, il y a juste deux ans et s’occupe du petit projet de formation mis en place avec le PCPA. Elle a suivi de bout en bout son déroulement et a assuré méticuleusement son suivi. Déléguée méthodologique, elle dirigeait à la DJS le bureau du mouvement associatif. Les cheveux courts et le débit rapide, elle fait brièvement l’historique de la formation. Elle raconte que l’expérience a montré qu’on pouvait assurer la gestion et le suivi d’un projet, ce qui, selon elle, est rarement le cas au sein du milieu associatif constantinois, qu’elle connaît bien.
« C’est un petit financement, près de 500 000 dinars, et nous avons l’habitude de subventions et de budgets plus importants, mais nous l’avons géré minutieusement... C’est intéressant. Les fonds ont été strictement utilisés, avec des résultats. Cela a permis à la ligue d’apprendre à mettre en place et à gérer un projet, avec des objectifs et des résultats. Nous avons optimisé les dépenses, obtenu et mesuré les résultats, avec un suivi et un accompagnement du PCPA ». Ajiba Bouchareb aimerait que ce fonctionnement se généralise au sein des associations et des autorités locales, avec un suivi rigoureux des projets, qui ne soient pas, par ailleurs, figés sur le terrain. Elle est apparemment très remontée contre le fonctionnement du système : « pendant des années, j’ai tout fait pour avoir des bilans auprès des associations, et je n’y arrive pas. En général on ne se déplace pas vers les associations, on donne de l’argent, on reçoit des rapports et c’est tout. Cet argent vient du fonds de wilaya, il est géré par la DJS ».
La LASTJ est traditionnellement financée par les pouvoirs publics, et plusieurs de ses membres font partie de la DJS. La ligue organise des petites activités, des formations pour enfants, des concours ou des expositions sur des sujets scientifiques qu’elle mène avec les associations qu’elle réunit. Ajiba Bouchareb plaide pour une utilisation rationnelle du Fonds de wilaya en direction des associations. Habituellement la ligue était chargée de suivre les projets, mais ce n’est plus le cas : « il y avait beaucoup d’activités, des jeunes qui s’intéressaient aux maisons de jeunes de la ligue et aux autres établissements du publics, tout cela a changé ».

Pour le projet de formation, l’association a acheté 8 ordinateurs et formé durant 3 mois une quarantaine de jeunes, dont une majorité de filles, issus de différents quartiers de la ville. L’équipe, qui avait une petite expérience, n’avait jamais fait de formation de cette ampleur. Elle a organisé plusieurs sessions d’initiation à la bureautique, de manipulation de logiciels de base avant de passer aux rudiments du Web. Des diplômés de l’université ont également assisté aux stages, car ils ne pouvaient pas répondre à des offres d’emploi sans maîtriser l’informatique. Des retraités également. Avec des tarifs symboliques : 500 dinars le trimestre à raison de deux heures par jour. La formation, qui s’est déroulée dans une auberge de jeunesse a immédiatement été répliquée par celle-ci.

Un signe d’encouragement pour Ajiba : « cela montre qu’il faut que ça change. Depuis des années, nous n’avons pas changé d’activités, ni innové. Dans les maisons de jeunes, les éducateurs devraient êtres décontractés, mais ils se comportent comme des fonctionnaires. Les jeunes n’ont pas envie de se retrouver dans une ambiance d’école... Ils reconduisent les mêmes programmes, mais nous ne sommes plus dans les années 70... », dit-elle avec une pointe de découragement.

Pour les prochaines formations, Ajiba souhaite intensifier les programmes, après les heures de travail : « on ferme à 16h30 comme les autres établissements de jeunesse, qui ne sont jamais ouverts après 18h. Ce sont des fonctionnaires. On ne laisse pas entrer les jeunes qui veulent se détendre ». Encore un sujet qui fâche.