Témoignages et interviews

Le Ficr : un projet qui a trés bien marché

Entretien avec Monsieur Smail Izerouken, président de l’association El GAITH de Bordj Bou Arreridj en marge de la tenue du séminaire autour du partenariat autorités locales / associations

Parlez nous un peu de ce séminaire ?

Le séminaire est organisé sous le thème : « l’impact du partenariat entre le mouvement associatif et les autorités locales » On a choisi trois axes pour le débat. En premier lieu, le développement local. Et pour cette intervention on a fait appel à Monsieur Derdèche qui connaît parfaitement le développement local dans la wilaya de Bordj. C’est une personne ressource du PCPA et il était DAS de la wilaya de Bordj pendant prés de 5 ans. C’est vous dire que le choix de l’intervenant pour ce volet n’a pas été hasardeux.

Le deuxième thème a porté sur la promotion de la citoyenneté, et le troisième a traité de la gestion des conflits. En fait pour ce dernier thème, on y a pensé car nous sommes en phase de mise en œuvre d’un projet avec l’Union Européenne sur la gestion et la transformation des conflits grâce auquel des formations pour les animateurs d’El Gaith ont été dispensées en collaboration avec les scouts musulmans de la wilaya de Ghardaïa. Grâce à ces formations, nous avons pris conscience de l’importance de la gestion des conflits pour une société. Nous avons donc inclus ce thème dans notre séminaire, une façon pour nous, de sensibiliser la société civile et les autorités sur l’importance du dialogue et de la communication dans la gestion des conflits qui peuvent surgir même entre ces deux parties, comme ça été le cas à plusieurs reprises.

La qualité des participants à ce séminaire ?

Le séminaire est organisé sous le patronage du Wali de Bordj, Il y’a eu donc, son médiateur qui était présent, les Présidents d’APC, les associations, le représentant du chef de daïra, de la DJS, le conservateur des forêts, le délégué du directeur du service agricole de la wilaya.

Si vous venez à évaluer le séminaire, en êtes –vous satisfait ?

Je suis très satisfait, sauf par rapport à la présence des P/APC qui n’était pas à la mesure de nos attentes. Pourtant le thème les concernait directement, ils auraient pu apporter leurs témoignages et donner leurs avis sur la question, mais ils n’ont pas tous répondus présents. Il y’a eu aussi une bonne médiatisation de ce séminaire à travers la radio locale qui avait organisé une émission en direct avec le porteur du projet FICR et les partenaires.

Le projet FICR en lui-même ?

C’est un projet qu’on voulait comme appui aux associations de Bordj Bou Arreridj qui n’est pas une wilaya comme les autres, telles qu’Alger, Oran, Constantine ou Annaba. Il est vrai que le mouvement associatif a une histoire de longue date, mais les associations qui activent vraiment se comptent sur le bout des doigts. C’est pour ces associations, que ce projet a été réfléchi et mis en place. C’est pour les encourager à continuer dans leurs activités. C’est l’association El Gaith, qui le pilote avec l’aide de deux partenaires.

Comment s’est fait le choix de ces partenaires ?

Le choix ne s’est pas fait par hasard. Ce sont des associations avec lesquelles nous travaillons depuis 2008, sur des activités qu’elles mêmes organisent. On a constaté les efforts fournis par ces associations dans leurs localités. Malgré le peu de moyens mis à leur disposition, elles veulent aller de l’avant. En les associant au projet, on vise à les renforcer et à les encourager du mieux qu’on peut. Aussi, à travers le projet, on vise la création d’un réseau des associations qui activent dans le domaine du développement local, au niveau de toute la wilaya de Bordj. Et comme résultat attendu aussi de notre projet FICR , c’est le site Web qui est actuellement en construction, et l’ensemble des associations qui constitueront le réseau auront un espace dans ce site pour promouvoir leurs activités.

Comment est venue l’idée du réseau ?

Je l’avais dis lors de la rencontre régionale de Constantine, On va essayer de reproduire ce qui se fait au niveau de Joussour dans la wilaya de Bordj. A petite échelle certes, mais on arrivera à reproduire le réseau du PCPA. Celui de Bordj ne sera pas composé de 114 associations, mais seulement de 30 ou 40 associations. On commencera le travail comme cela et puis pourquoi ne pas les intégrer dans le programme Joussour.

Mais l’idée n’est pas récente. On a eu déjà une petite expérience en 2008 dans le cadre d’ONG 2 cependant, à l’époque, nous n’avions ni les moyens, ni l’expérience pour faire aboutir un projet pareil. L’occasion nous est offerte avec le FICR pour relancer cette idée et nous l’avons saisie. A part les associations partenaires, la plupart des associations qui vont intégrer ce réseau sont des associations jeunes et de création récente..

Comment s’organise cette mise en réseau ?

Dans la pratique, des enquêtes ont été menées dans les 34 communes de la wilaya. Les P/APC ont été sensibilisés sur la question. Afin de nous faciliter le tri des associations qui pourront composer le réseau, nous avons pensé à rédiger des questionnaires que nous avons distribués dans l’ensemble de ces communes. Beaucoup de critères, sont a respecter pour faire partie du réseau, entre autres, le sérieux de l’association, la qualité de l’activité, l’affiliation apolitique…etc. Ces questionnaires ont été étudiés et analysés avec l’aide d’un sociologue, membre d’honneur au sein de l’association El Gaith. Sur 100 questionnaires remplis, le choix a été porté sur 60 associations, qui vont prendre part aux trois sessions de formation prévues dans le cadre du projet : à savoir, la stratégie de développement, la GCP et la citoyenneté positive. Le point important pour nous c’est de pouvoir former ces associations et de leur faire une remise à niveau avant de les intégrer dans le réseau. On ne peux pas réussir un réseau avec seulement l’association El Gaith, c’est l’ensemble de ces associations qui vont le gérer. S’il y’a une différence des niveaux, ça ne marchera pas.

Vous parlez de 34 P/ APC sensibilisés ?

Effectivement, avec les enquêteurs de l’association et les partenaires, on a visité l’ensemble des 34 communes composant la wilaya, et les P/PAC ont été sensibilisé sur le projet lui-même. On a aussi pu organiser des réunions d’information sur Joussour, son rôle, son appui, sa composante, ses partenaires. Après avoir effectué ce travail, mon souhait, c’est que Joussour lance un FAIL dans notre wilaya. Il y’a des associations avec des initiatives très innovantes pour le développement local, et puis grâce aux sorties que nous avons effectuées dans le cadre de notre enquête, les associations et les autorités connaissent Joussour sans y être membre. On a aussi connu grâce à l’enquête et au travail de sensibilisation sur le partenariat, des associations qui ont besoin de fonds pour faire aboutir des projets ambitieux pour la région. Nous en tant qu’association on ne postulera pas mais on va encourager les autres à le faire.

Comment allez-vous fonctionner dans ce réseau ?

Je vous l’ai dis tout à l’heure, ce qui se fait au PCPA, je vais le faire au niveau de Bordj, je ne vais rien inventé ; on est entrain de copier sur le concept du PCPA. Parce que sincèrement c’est un programme qui ne m’inspire que de bonnes idées. Je m’y suis vraiment retrouvé d’abord en tant que personne et en tant qu’association. Depuis notre adhésion en 2009, nous n’avons raté aucune rencontre. Et à chaque fois, on apprend quelque chose de nouveau. Donc même si l’idée n’est pas récente, Joussour nous y a conforté dans l’utilité de la mettre en application.

A la veille de la clôture de votre projet quel est votre sentiment ? Mon sentiment c’est que, c’est un projet qui a très bien marché et qui a réussi. Quoi qu’il en soit, ce qui retient l’attention dans les projets du PCPA, c’est la durabilité et la pérennité. Le projet FAP de la crèche est une réussite. D’ailleurs on la présente à chaque fois, et les gens nous appellent de partout pour parler de cette expérience. Aussi, le centre d’animation, je peux dire dés maintenant que sa pérennité est assurée à de 200% et le FICR marquera aussi sa durabilité grâce au site web et au réseau qui seront crées et mis en place dans le cadre de ce projet.

Inutile donc de vous demander ce que Joussour vous a apporté en tant qu’association ? Oh ! que si vous pouvez le dire. Vous savez, l’association EL GAITH est dans le partenariat et les projets depuis 2007. On a eu des projets avec des ambassades, avec l’union Européenne, mais ce que Joussour nous a apporté, aucun autre fonds, aucune autre institution ni organisation nous l’a apporté. Ce sont les projets de Joussour qui ont valorisé notre association et l’ont fait connaitre au niveau local et national. Joussour nous a aussi dotés de moyens conséquents pour mener à bien nos projets et en faire des œuvres utiles. D’ailleurs, à l’inauguration du centre d’animation, je compte inviter les responsables de ce programme, pour qu’ils constatent de visu ce que l’association EL GAITH A PU FAIRE ET REALISER GRACE A JOUSSOUR.

Merci Monsieur Izerouken