Actualités

Jeunes de deux villes au service de la participation citoyenne

En 2014, l’association El Ikram de Annaba lance, en partenariat avec l’association Jeunesse Plus d’Alger et avec le soutien de Joussour et du CISP, une initiative intitulée « Renforcement du dialogue démocratique entre les représentants étatiques et non étatiques par la participation des jeunes au développement local ». Ce projet, qui a duré une année, a eu un impact indéniable sur les jeunes qui ont été ciblés, ainsi que sur les deux organisations. Petit retour en arrière pour (re)découvrir ce projet et analyser ses résultats.

Ce projet est d’abord le fruit d’une rencontre, la rencontre entre l’association Jeunesse Plus de Draria (Alger) riche d’une expérience au niveau de la commune des Eucalyptus ; et l’association El Ikram de Annaba, membre de Joussour et inscrite dans une véritable dynamique d’animation locale en milieu de jeunes.

L’idée initiale est de développer, à deux, un projet pour renforcer le dialogue entre les jeunes et les élus de leurs localités, et ce, dans les deux communes où activent les deux associations. Les deux associations ont justement constaté qu’il y avait des relations de méfiance entre les jeunes et les pouvoirs publics et qu’il fallait que ces jeunes soient outillés pour pouvoir s’organiser et se constituer en force de proposition, notamment par la mise en place d’un conseil consultatif de jeunes.

Les activités du projet étaient pertinentes et diverses et convergeaient toutes vers le renforcement des jeunes pour qu’ils puissent exprimer leur citoyenneté. Les jeunes ont ainsi bénéficié de plusieurs formations (communication, gestion de conflit, audiovisuel…etc.), ils ont été mobilisés pour organiser et animer des activités de sensibilisation, ainsi que sur la réalisation d’une enquête auprès de leurs pairs.

Si les activités étaient différentes entre Alger et Annaba, elles restaient fortement adaptées à ces deux contextes et les associations porteuses ont veillé à ce que les jeunes soient acteurs et initiateurs de leurs propres démarches.

On observe ainsi que lorsque le jeune est mis en posture d’acteur, il s’implique réellement dans les activités du projet, laisse libre cours à sa créativité et se positionne graduellement en force de proposition.

Mais malgré les différentes démarches initiées pour sensibiliser les pouvoirs publics, ces derniers n’ont pas été favorables à l’idée d’accueillir et de reconnaître un conseil communal de jeunes sur Alger. Ils ont exprimé leur soutien au projet et ont pris part à des activités ou ils étaient concernés, comme des tables rondes et des rencontres avec les jeunes ; mais les activités du projet n’étaient pas suffisantes pour les sensibiliser à soutenir la constitution d’un espace formel ou les jeunes peuvent exprimer leurs attentes.

Ceci nous renvoi à l’état des lieux de la relation entre les pouvoirs publics et les associations en Algérie, souvent empreinte de méfiance qui résulte le plus souvent de la méconnaissance de l’autre. Du côté d’El Ikram, ce projet a pu être un jalon supplémentaire pour la construction d’un véritable partenariat avec la direction de la jeunesse et des sports, puisque l’association, ayant installé son CCJ, a pu, une année plus tard, obtenir une convention afin d’animer et de gérer une maison de jeunes à Annaba.

Au total, le projet a pu toucher pas moins de 200 jeunes et a atteint indirectement plus de 1000 enfants/jeunes via les activités d’animation et de sensibilisation. Les deux associations ont développé leurs capacités de gestion, ont accru leur base sociale (pas moins de 30 nouveaux adhérents dans les deux wilayas) et ont vécu un véritable exercice sur la gestion d’un projet en partenariat.

Pour finir, on peut conclure que les projets associatifs adressés aux jeunes ont beaucoup plus d’impact lorsqu’ils sont menés par des jeunes et qu’ils mobilisent des acteurs de nature et de territoires différents. Bien que Alger et Annaba soient différentes, les deux associations ont été capables de trouver un intérêt commun et à mettre la jeunesse comme question centrale. L’activité principale du projet a été réalisée en partie (installation des CCJ à Annaba mais non à Draria) mais ça n’a pas empêché cette initiative d’être un beau succès et de donner des résultats qui continuent de produire des effets jusqu’à ce jour.

Découvrez le projet en vidéo en cliquant ici : www.youtube.com/watch ?v=Sfr1doV0pGU

Portfolio