Auteurs

Introduction des auteurs

Nous tenterons à travers cette introduction de faire des remarques et faire remonter ce qui a retenu notre attention lors des visites au sein des associations et des entretiens que nous avons réalisés et cela sans être dans l’exhaustivité.
En effet l’intérêt s’exprime ici à plusieurs niveaux. Chacun mériterait d’être creusé, mais ce n’est pas le propos ici.
Sans vouloir mettre les associations dans des catégories fermées, nous avons choisi des titres de chapitres qui correspondent aux grands axes des champs d’action qui ont émergé des reportages réalisés. Notre démarche a été également de privilégier, dans la diversité des activités des associations rencontrées, les expériences et les pratiques dédiées à l’enfance et à la jeunesse.

Le monde associatif, même s’il existe formellement depuis l’indépendance de l’Algérie, n’a réellement acquis son envol et son autonomie qu’au lendemain d’octobre1988. C’est-à-dire après la promulgation de la loi sur la liberté des associations de 1989. Autant dire que c’est un mouvement jeune qui s’est exprimé dans ses débuts (1989 - 1992) dans sa dimension revendicative autour des droits humains, de la liberté d’expression et de la reconnaissance identitaire. Le passage par les années de terreur a produit une nouvelle configuration du mouvement associatif, qui s’est remobilisé autour de la prise en charge des victimes du terrorisme, de l’éducation citoyenne, de la prise en charge de la question du droit de l’enfant, de la femme, du handicapé... Il est indéniable qu’une décantation s’opère. Les associations tendent à se professionnaliser, créent de nouveaux métiers, prennent conscience qu’elles peuvent être une force de proposition et font évoluer les pratiques et les approches.

Les exemples sont nombreux : on retiendra le métier formidable d’éducatrices pour enfants hospitalisés, les associations qui font un vrai travail de proximité dans des quartiers difficiles et celles qui accompagnent la création d’activités génératrices de revenus, une autre façon de lutter contre la pauvreté et le chômage. La présence relativement récente en Algérie de certaines ONG internationales, la mise en place des programmes de l’Union Européenne et de coopération internationale, crée peu à peu une nouvelle culture au sein des associations, voire un nouveau propos. Par exemple, le concept de plaidoyer a remplacé pour certaines associations la notion de revendication. Elles choisissent ainsi de convaincre au lieu d’imposer.

Par ailleurs de nombreuses associations ont bénéficié de formations dans la conduite et la gestion de projet et certaines d’entre elles émergent comme des structures qui prennent le relais dans le domaine de la formation des nouveaux cadres associatifs. Ces rencontres autour de la formation sont les prémices de la constitution de réseaux opérationnels et qui peuvent se positionner comme force de proposition auprès des institutions et de la société civile.

Parmi les associations rencontrées certaines fonctionnent encore exclusivement avec des bénévoles, d’autres se sont complètement professionnalisées, et d’autres encore cherchent un mode d’organisation qui conjugue ces deux formes d’engagement associatif.

Ces modèles organisationnels qui émergent méritent d’être capitalisés, réfléchis et les pratiques efficientes encouragées. En effet un grand nombre de responsables associatifs expriment le besoin urgent de capitaliser leur expérience.
Ce recueil qui aidera nous l’espérons, à rendre visible les associations qui travaillent sur le terrain et qui nous donnent à voir et à penser tout ce qui doit être mis en place pour faire évoluer la situation de l’enfance et de la jeunesse dans notre pays, peut être, une contribution modeste à la réflexion naissante sur le mouvement associatif en Algérie et à alimenter les actions du Programme concerté.

Djamel Benramdane et Habiba Djahnine

Nous informons ceux qui souhaitent disposer de la version imprimée, que cet ouvrage « Associations algériennes, des parcours et des expériences » paru aux Editions Barzakh Algérie 2008, est encore disponible au PCPA Algérie où ils pourront le retirer.
Contact : 8 rue Semghouni (ex rue de l’oasis) Kouba –Alger Tél : 021 77 56 72