Culture, éducation, insertion

Etoile Culturelle d’Akbou -ECA-

L’éducation à la citoyenneté au cœur du travail associatif

L’Etoile Culturelle d’Akbou est une association culturelle. Elle active dans le domaine de l’éducation à la citoyenneté, de la lutte contre l’illettrisme et de la promotion de la culture algérienne et plus particulièrement la culture amazighe à travers la musique, la poésie et la littérature.

L’éducation à la citoyenneté au cœur du travail associatif

L’Etoile Culturelle d’Akbou est une association culturelle. Elle active dans le domaine de l’éducation à la citoyenneté, de la lutte contre l’illettrisme et de la promotion de la culture algérienne et plus particulièrement la culture amazighe à travers la musique, la poésie et la littérature.

Akbou est un village situé au cœur de la vallée de la « Soummam » à 50 km de Béjaïa. Cette commune, qui a les allures d’une ville, a vu naître l’association Etoile Culturelle dans les années 1970.

L’association occupe le premier étage du centre culturel. Ce local a été alloué par l’APC d’Akbou. Mouloud Salhi, le président de l’AECA (Association Etoile Culturelle d’Akbou), parle de tous les efforts déployés par son organisation pour que la commune, à travers ses élus, puisse s’impliquer et être à l’écoute de la demande des citoyens. « L’élu devrait s’adapter à l’environnement et à l’évolution des besoins des citoyens de sa ville, tant sur le plan sanitaire, social que sur le plan de l’éducation... », dit-il. Le local de l’AECA est un vrai lieu de rencontre : tous les jeudis, les portes sont ouvertes aux animateurs des associations d’Akbou mais aussi de toute la région. Ils viennent s’informer sur les moyens et méthodes pour monter des projets, autant sur le volet de la gestion financière, que de la création et du suivi des activités. L’espace multimédia est aussi une des raisons de cette affluence du jeudi ; de nombreux jeunes, garçons et filles, étudiants, chômeurs ou jeunes travailleurs viennent faire des recherches sur Internet. « Il y a des étudiants (es) qui viennent travailler leur mémoire de fin d’études ici, on met à leur disposition nos documents et nos livres, plus spécialement quand il s’agit d’une recherche en Tamazight, notre fonds est assez riche », commente Mouloud Salhi.
Compte tenu de la diversité des activités, l’association s’est organisée en plusieurs commissions, chacune étant responsable d’un secteur d’activité.
La commission formation - insertion s’occupe essentiellement des échanges inter-associatifs. Elle met en place des cours d’alphabétisation et veille à leur bon fonctionnement. L’objectif est de lutter contre l’illettrisme et l’analphabétisme et de promouvoir l’apprentissage des langues à tout âge. C’est dans l’un des collèges de la ville que se déroulent les cours. Trois classes ont été mises à la disposition de l’association. Les enseignantes encadrent des groupes qui sont réunis selon les niveaux d’étude. Ces cours sont ouverts à tous les âges : « il n’y a pas d’âge pour apprendre », commente un monsieur, qui nous déclame une poésie très touchante sur les droits des femmes. Le programme est basé sur l’apprentissage des langues, arabe et français ainsi que le calcul.

La commission scientifique s’occupe de l’environnement et de la prévention sanitaire ; des activités liées à la sensibilisation et à la protection de l’environnement. De retour des classes vertes, les enfants (filles et garçons) encadrés par des moniteurs de l’association, envahissent le local de l’association. On pouvait lire sur leurs blouses : « je protège la nature ».

Un autre volet sanitaire est pris en charge, celui de la prévention des maladies sexuellement transmissibles et du Sida. La presse avait relayé la formidable caravane des cyclistes, qui est passée par plusieurs villes de l’Est algérien, pour sensibiliser la population à cette maladie grave et ses conséquences.
Enfin, la commission culturelle s’occupe essentiellement de la production culturelle. L’été dernier, a été organisé le huitième festival « Carrefour culturel de la Soummam » en hommage à Aït Menguellet, un grand chanteur et parolier de la musique kabyle. L’association a aussi soutenu la création de trois pièces de théâtre d’expression amazighe qui se produisent, entre autres, lors du festival d’expression amazighe qui en est à sa quatrième édition.

L’association couvre un champ d’activités très vaste, ce qui développe chez ses membres une expérience riche et multiple. Mouloud Salhi fait remarquer qu’il ressent, aujourd’hui, le besoin de capitaliser toutes ses actions à travers un écrit ou un récit d’expérience qui va au-delà des rapports d’activité ou bien des PV de réunions. « C’est important de transmettre nos expériences, mais avant, nous devons nous même analyser notre travail en l’écrivant. C’est important de prendre du recul par ce biais-là », confie-t-il.

La diversité et la richesse des actions de l’AECA n’ont pas empêché ses membres de s’engager dans un projet à long terme. Il s’agit de « L’école du jeune citoyen », mise en place et développée depuis 2003, en partenariat avec le Réseau des associations s’occupant de la famille et la CIMADE (Comité inter mouvement auprès des évacués - service œcuménique d’entraide), qui est une association française spécialisée dans l’accueil, la formation et l’orientation des demandeurs d’asiles et des réfugiés.

L’AECA ouvre depuis cinq années des classes aux jeunes ayant le niveau terminal et qui ont été exclus du système scolaire après avoir échoué au bac. L’objectif est de leur permettre d’avoir une deuxième chance d’insertion professionnelle et sociale. Ces élèves, filles et garçons ont la possibilité, grâce à l’encadrement prévu, de repasser le bac ou bien de passer les examens d’entrée dans des centres de formation professionnelle. Au-delà des matières classiques, un programme très riche est concocté pour élargir la culture et les champs d’intérêts des élèves. « J’ai remarqué que les élèves accueillent favorablement les séances d’éducation environnementale, sanitaire, sportive et les discussions thématiques autour de sujets divers qui les concernent », constate Mouloud Salhi. Par ailleurs, ils s’inscrivent presque tous à la bibliothèque. Certains élèves, en difficulté, bénéficient même d’un accompagnement psychosocial.

Chaque année une quarantaine d’élèves s’inscrivent. Même si une grande partie d’entre eux estiment qu’ils sortent d’une expérience réussie lors de leur passage par « l’Ecole du jeune citoyen », pour l’AECA, le plus important, c’est de voir ces jeunes devenir citoyens, reprendre confiance en eux après un premier échec dans le système scolaire, et s’ouvrir à la culture de la différence.