Populations vulnérables

Association pour la Réhabilitation Psycho-Educative Infanto-Juvénile -ARPEIJ-

L’ARPEIJ a mis en place à Blida un centre de prévention et de lutte contre l’exclusion scolaire et sociale des enfants et des adolescents.

Un chantier-école pour des ados en échec scolaire

L’ARPEIJ a mis en place à Blida un centre de prévention et de lutte contre l’exclusion scolaire et sociale des enfants et des adolescents.

L’Association pour la Réhabilitation Psycho-Educative Infanto-Juvénile- ARPEIJ- a été fondée en 1992 par des professionnels de la santé mentale, qui exerçaient pour la plupart au service de pédo-psychiatrie du CHU Frantz Fanon, à Blida. L’association s’est par la suite élargie aux professionnels des secteurs éducatif et culturel.

Elle a ouvert un centre, en 1998 au Château-Cherry une vieille propriété datant de la période coloniale et qui surplombe la cité du « Zinc » à Blida. Le domaine a été offert par sa propriétaire à la municipalité dans les années soixante, à deux conditions : qu’il ne soit pas dénaturé et qu’il soit utilisé uniquement pour des enfants. L’association y a lancé plusieurs projets et créé trois espaces pour enfants et adolescents. Des chantiers sont en cours : aménagement d’une pataugeoire et d’une animalerie. Un chantier école y a notamment été installé en 1999 avant d’interrompre ses activités en 2002 faute de moyens.

Aujourd’hui, le centre Château-Cherry fonctionne tant bien que mal au gré des financements : « c’est une véritable acrobatie, explique Douadi Nacer-eddine, administrateur de l’association. «  Nous sommes une vingtaine de personnes à travailler sur les trois catégories d’âge, et entre deux projets, c’est toujours délicat. Notamment pour les animatrices qui sont rémunérées et pour qui il doit y avoir une continuité ».

La direction de l’action sociale de Blida a doté 15 postes d’une rémunération dans le cadre du «  filet social », dispositif d’aide à l’emploi, ce qui allège les charges explique Aicha Djemia, administratrice adjointe, mais ne suffit pas à maintenir toutes les activités. Trois projets sont à l’arrêt en attendant de mobiliser des fonds, une difficulté récurrente pour l’ARPEIJ, ces dernières années : « pour l’instant, nous avons sollicité le ministère de la Solidarité et celui de la Jeunesse et des sports, nous avons essuyé deux refus ».

Le chantier-école de l’espace adolescents a repris un temps ses activités, dans le cadre d’un programme de réinsertion soutenu par le PCPA, sous l’intitulé « une deuxième chance pour les exclus de l’école à Blida. » Objectif : soutenir la réinsertion sociale et professionnelle d’un groupe d’adolescents âgés de 14 à 16 ans par le biais d’ateliers professionnels encadrés et d’activités de socialisation. Il s’agit d’ateliers de menuiserie et de serrurerie ou d’activités liées à l’animalerie du centre ou au jardinage. Dans son expérience menée de 1999 à 2002, l’ARPEIJ avait enregistré des résultats satisfaisants : sur soixante ados, quarante-huit avaient été réinsérés en centre de formation professionnelle.

L’association estimait dans son projet que ces enfants ne bénéficient d’aucune possibilité de prise en charge institutionnelle, ce qui les destinait « naturellement » à des circuits de « prédation et d’exploitation » (collecte des déchets, « apprentissage » informel, prostitution, mendicité et délinquance).