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Le blues de l’éducateur L’Association Nationale d’information et de communication en milieu de jeunes a été créée, en 1995, avec pour objectif principal d’informer sur la toxicomanie et le SIDA.

Le blues de l’éducateur

L’Association Nationale d’information et de communication en milieu de jeunes a été créée, en 1995, avec pour objectif principal d’informer sur la toxicomanie et le SIDA.

L’association est installée dans une maison de jeunes à l’intérieur des jardins luxuriants et déserts du Palais du peuple. Un lieu de rêve, mais les vastes locaux affectés par le ministère de la jeunesse et des sports sont vides. Un jeune guitariste, responsable des activités de musique ne reçoit personne. Il affirme que l’endroit est « trop isolé » et que ça n’intéresse pas beaucoup de monde.

Saâdna Samir est secrétaire général de l’association. Cet ancien cadre du ministère de la jeunesse et des sports a longtemps été éducateur spécialisé. Moustache taillée de près, petites lunettes cerclées et un téléphone portable qui sonne sans arrêt, il croule sous les doléances : « franchement je passe plus de temps à recevoir des gens en difficulté qu’à faire des activités... Il y a d’énormes problèmes, et encore les jeunes tournent le dos aux structures de la jeunesse... ».
À tour de rôle, trois personnes entrent dans le bureau. Un ancien toxicomane devenu bénévole est passé par là prendre des nouvelles, un jeune homme cherche du travail et peste contre le maire de sa commune qui a attribué des locaux, et enfin une jeune femme, qui semble habituée des lieux, doit rencontrer des officiels et se demande comment elle doit s’habiller.

Samir Saâdna écoute et prodigue quelques conseils, un peu désabusé. Il a passé plus de trente-cinq ans dans le domaine de la jeunesse, après avoir été formé aux questions de la délinquance dans un centre français spécialisé dans « l’éducation surveillée ». Un peu mélancolique, il se souvient des FAJ, les foyers d’animation de la jeunesse, à l’époque du volontariat et des grandes mobilisations de la période socialiste. Il dit qu’on vient à ce métier par la foi, par vocation. Il a côtoyé les juges des mineurs dans le cadre des « commissions d’action éducative » et il regrette l’ancien système : « ces centres ont été fermés et dévalorisés. Il y a un vide, il y a un cadre juridique, mais pas de structures. Aujourd’hui, le nombre de familles et de mineurs dans la rue est effarant... ».

Samir Saâdna a été directeur de méthodologie au sein de l’association AIDS, qui travaillait à l’époque sur la toxicomanie. Aujourd’hui, les deux associations pratiquent la même activité : sensibiliser des jeunes sur les plages. Avec une équipe pluridisciplinaire, éducateurs, toxicomanes, médecins, jeunes militants, il a sillonné la côte algéroise pour informer les jeunes sur les dangers de la drogue et des rapports sexuels non protégés. En 2007, l’opération a ciblé les plages et les camps de vacances de 14wilayas.

L’association, qui est financée par le ministère de la jeunesse et des sports, prévoit de créer un bulletin pour soutenir son action, et de monter aussi un réseau national, entre autres projets. Samir Saâdna affirme que cette année, l’approche est différente avec le ministère et que les projets sont discutés au sein d’une commission indépendante. Et il plaide toujours pour un retour à la notion d’éducateur :
« c’est un métier qui a été dévalorisé. Aujourd’hui, ils doivent se former à l’informatique, et les centres de jeunes sont transformés en centres de formation... Il n’y a plus d’encadrement... ». Il se souvient avoir participé à la prise en charge des petits cireurs d’Alger ; il avait été touché par cette précarité après l’indépendance. Il dit qu’à l’époque, il n’y avait pas cette violence, ni cette délinquance...