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Association Cent pour cent culture

Du théâtre au cinéma

L’association constantinoise Cent pour cent culture regroupe des amateurs de théâtre , et forme des jeunes de quartiers populaires à monter sur les planches. Elle parraine le projet d’un petit groupe d’étudiants férus de cinéma qui mettent en place un ciné-club.

Du théâtre au cinéma

L’association constantinoise Cent pour cent culture regroupe des amateurs de théâtre , et forme des jeunes de quartiers populaires à monter sur les planches. Elle parraine le projet d’un petit groupe d’étudiants férus de cinéma qui mettent en place un ciné-club.

Cent pour cent culturea été créée au début des années 1990 par un comédien connu de Constantine, Zinou. Cet animateur de théâtre à la Maison de jeunes du quartier Fillali a poussé des dizaines de jeunes chômeurs ou d’étudiants de quartiers populaires à monter sur les planches. Aujourd’hui, il met en place une nouvelle troupe et en profite pour repérer de jeunes acteurs qui pourraient intéresser l’association, constituée en majorité d’anciens élèves.

Fouad Rahmoune est comédien. Pour lui, l’association est une famille et une bouffée d’oxygène. Il regrette les années 90, car aujourd’hui, il estime que « les portes du théâtre sont fermées ». Les petites subventions suffisent à peine à faire un décor et des costumes, et la petite troupe joue gratuitement :
« désormais , nous avons du mal à monter ne serait ce qu’un petit projet. En dix ans, nous venons de décrocher pour la première fois une petite pièce avec le Théâtre de la ville, le TRC. Et ce n’est pas encore concrétisé. Pendant les années de violence, la décennie noire, tout s’est arrêté. Tout était fermé. Auparavant on montait trois à quatre séances par mois, et nous sommes vite passés à une pièce par an, tant la situation était difficile ».

Aujourd’hui, Cent pour cent culture parraine un projet de ciné- club, soutenu par le PCPA Algérie, qui regroupe une vingtaine d’étudiants de profils différents. Une petite équipe bouillonnante qui se passionne pour le cinéma, et qui a participé, en 2007, à trois ateliers animés par des professionnels. Thèmes abordés : la réalisation, la programmation et la communication. Le projet est monté en partenariat avec un centre socio-culturel grenoblois et une association franco-algérienne, Kaina Cinéma.

Dans l’imposante maison de la Culture Malek Haddad, à Constantine, les couloirs sont désespérément vides. Le petit groupe du ciné-club visionne le film de l’iranienne Marjane Satrapi, « Persepolis ».

C’est une mise en pratique de ce qui a été appris lors de l’atelier de programmation. Ils sont une dizaine, décortiquent le film et se préparent à argumenter pour les débats à venir, lors des prochaines projections. Un modèle d’affiche est déjà imprimé avec le tarif : 20 dinars. Le film est réellement analysé et les références cinématographiques fusent. Le débat est animé, et le groupe anticipe les réactions du public. On croirait avoir affaire à des professionnels.

Chahinez Adel, étudiante en architecture, a déjà réalisé l’affiche d’un documentaire sur la situation des femmes en Algérie et ce qu’elle vit à Constantine, une ville réputée très conservatrice. Avec Mehdi Nejjar, futur journaliste et Amir Bensaifi, qui a déjà réalisé un petit court-métrage pour le projet, ils y croient dur comme fer. Le matériel de projection, un PC, un rétroprojecteur et une caméra leur ont suffi pour démarrer. Leur programmation alterne des films d’auteurs et des fictions connues, voire des films décalés. Une aventure intéressante.