Culture, éducation, insertion

Association Biologie et société -Bios-

Une association qui se conjugue au futur

Bios est une association qui travaille dans le domaine de l’insertion professionnelle de jeunes diplômés, par la formation. Elle soutient aussi la création et la structuration d’associations professionnelles, notamment, dans le monde rural.

Une association qui se conjugue au futur

Bios est une association qui travaille dans le domaine de l’insertion professionnelle de jeunes diplômés, par la formation. Elle soutient aussi la création et la structuration d’associations professionnelles, notamment, dans le monde rural.

La vocation première de l’association Bios de Tizi-Ouzou était de soutenir et de former des jeunes diplômés de l’université et de les accompagner dans leur insertion professionnelle. Cette association est née en 1999. Elle a été soutenue par la NECFA (Nouveaux échanges culturels franco-algériens) et le CIARA (Collectif d’initiation à des activités de recherches appliquée) d’Alger qui développe les mêmes programmes.

En effet, des formations ont eu lieu à Tizi-Ouzou et les nouveaux diplômés ont pu bénéficier de formations en informatique, techniques rédactionnelles, développement personnel, travail sur un projet professionnel, recherche d’emploi...
Selon Salah Agguini, il y a 100% de réussite puisque chaque stagiaire a pu atteindre son objectif : trouver un emploi ou bien monter une entreprise. L’objectif étant de sortir de la précarité et de pouvoir s’insérer dans la vie professionnelle. Cet objectif a été atteint tant que les deux organismes CIARA et NECFA soutenaient Bios sur le plan méthodologique et financier. Salah Agguini déplore le fait que depuis un an il n’y ait plus de formations. « Je n’arrive plus à avoir de financement qui me permettent de continuer cette activité, mais je ne lâche pas. Je me dis que c’est peut-être un passage à vide et que je reprendrai dès que je trouverai de nouveaux partenaires ».

Un élément important vient se rajouter à ce constat : les étudiants qui se sont formés chez Bios trouvent des solutions et partent de l’association. Une vingtaine d’étudiants, en majorité des femmes, ont été formés. Certains d’entre eux sont partis à l’étranger, d’autres sont entrés dans la vie active. Objectif atteint, selon Salah Agguini qui avoue cependant son impuissance à pérenniser cette action :
« certains partenaires potentiels m’ont demandé de faire payer les stagiaires pour rendre l’activité plus viable, mais cela va à l’encontre du principe même d’aide aux étudiants démunis à entrer dans la vie active », argumente-t-il.

Aujourd’hui, l’activité de Salah Agguini consiste à soutenir un groupe de producteur de lait de vache à s’organiser en corporation pour développer un service de qualité et être compétitif sur le marché du lait cru. Cette association professionnelle a été agréée et compte plus de cent adhérents. Elle tient une permanence au sein de la CASAP (coopérative agricole) pour recueillir les doléances et les répercuter au niveau de la direction de l’agriculture. Un soutien administratif est aussi assuré, ainsi qu’une information sur les nouveaux dispositifs ou aides au secteur.
Les éleveurs ont par ailleurs bénéficié d’une formation de conduite d’élevage pour améliorer les conditions d’hygiène de la collecte de lait et de la désinfection du matériel de traite, condition importante pour pouvoir proposer l’achat du lait produit, aux entreprises privées.

Bios a accompagné cette association dans les négociations avec la société DANONE. Voilà un projet concret qui a abouti.
« Je pense qu’en soutenant les agriculteurs, on a atteint un autre objectif : structurer une filière qui a besoin de se défendre pour se développer en répondant aux normes d’hygiène et de qualité qui sont exigés sur le marché », raconte Salah Agguini. Son laboratoire OVOLAB est aujourd’hui une garantie de qualité qui permet l’entrée dans le marché de la concurrence.

À propos des répercussions sur son développement personnel, Salah Agguini répond : « cela a été une expérience personnelle très riche. J’ai rencontré des formateurs compétents qui nous ont aidés à réfléchir sur nos pratiques. Sans parler des stagiaires qui ont montré une envie de réussir encourageante ».
L’association Bios est fière d’avoir soutenu le projet de la jeune Kahina qui a monté à Bouira une entreprise d’aliments de bétail, d’élevage de lapins et de poulets de chair. Son entreprise est en plein développement.

« Nous n’allons pas baisser les bras, même si nous passons par une période difficile. Nous allons attendre l’opportunité de relancer la formation. Je pense que c’est le développement des compétences de nos cadres qui va nous aider à sortir du chômage et de la précarité. Je suis convaincu que la formation est un investissement d’avenir ; reste à convaincre d’éventuels bailleurs de soutenir notre volonté de faire avancer les choses », conclut Salah Agguini.