Culture, éducation, insertion

Association AFAK de Si Mustapha

Des bénévoles qui n’arrêtent jamais

AFAK est une association socioculturelle atypique et très active dans la région de Boumerdès. Elle multiplie des actions caritatives et des petits projets de développement et d’éducation grâce à un solide réseau de bénévoles.

Des bénévoles qui n’arrêtent jamais
AFAK est une association socioculturelle atypique et très active dans la région de Boumerdès. Elle multiplie des actions caritatives et des petits projets de développement et d’éducation grâce à un solide réseau de bénévoles.

L’association AFAK a été créée en 1998 à Si Mustapha près de Boumerdès. Sa première activité a été d’organiser un camping pour une trentaine d’enfants victimes du terrorisme et venus de villes lourdement touchées par la violence, comme Boufarik ou Ain Defla.

Son président, Rabah Merchichi n’a pas oublié cette activité, montée uniquement avec des bénévoles. Militant de gauche engagé, il explique la création de l’association comme le passage à « une autre forme de lutte, en montant des projets... ».

Pour Rabah, l’association fonctionne grâce aux membres de son bureau « des bénévoles qui n’arrêtent jamais » et avec lesquels, il a démarré à zéro : « nous avons commencé avec un petit bureau, mais nous avons fait un chemin important grâce à notre efficacité sur le terrain. Il y a de plus en plus d’activités et d’acquis. Au démarrage, AFAK avait juste ce bureau. L’association s’est agrandie, avec une bibliothèque, puis du matériel de sport, de musique. Nous avons construit un chalet pour enfants et monté une équipe de basket avec des joueurs qui sont en nationale. Nous soutenons également un projet de coopérative apicole réalisé par des jeunes filles de la région ».

L’association est sur le terrain. Elle travaille beaucoup avec des jeunes et des enfants, dans un environnement difficile. Si le calme est revenu dans le reste du pays, Si Mustapha est située dans une zone qui reste secouée par la violence et les attentats. En février 2007, une voiture piégée a explosé à l’entrée de la petite ville et des attaques se poursuivent toujours dans la région. Ce qui n’empêche pas l’association de bouger et de faire toutes sortes d’activités, qui dérangent parfois : « il y a des gens qui nous soutiennent, c’est certain. Mais il y a aussi des gens qui sont contre la dynamique de AFAK. Certains reprochent à l’association ses comportements laïcs... »

L’une des dernières réalisations de l’association est un chalet en bois destiné à abriter des activités de prise en charge socio-éducative des enfants de la ville. La bâtisse en bois a été aménagée sommairement, et l’équipe de AFAK a fait beaucoup de récupération. Peu à peu, les petits ateliers se sont équipés en matériel. Deux animatrices, qui s’occupent de l’espace enfants, organisent également des activités dans trois écoles de la région trois fois par semaine. Le projet a été développé en partenariat avec l’association ARPEIJ de Blida et avec le soutien financier de la Fondation de France.

« Pour nous les financements, ce sont des appuis qui nous font gagner du temps » explique, pragmatique Rabah Merchichi.

L’association mène beaucoup d’actions caritatives : « depuis notre création nous avons habillé 200 enfants, rien qu’avec des bénévoles et des mécènes. Mais nous faisons aussi beaucoup d’éducation au civisme, à l’écologie, même si nous ne sommes pas des spécialistes. Nous avons juste une équipe d’animateurs très efficaces, qui ont appris. Nous avons des formations de formateurs dans toute la
wilaya de Boumerdès, notamment en direction de ceux qui travaillent dans le secteur de la jeunesse. Ils apprennent les bases. Comment se comporter avec un enfant, ne pas l’injurier, ni le frapper, ni l’embrasser ». Il pose la question : « peut-on planter un jasmin à Alger ou ici, sans mettre un grillage autour et qui poussera sans être abîmé ni arraché ? C’est impossible. Au centre d’AFAK, il n’y a pas de grillage pour nos jasmins. Ici ce sont les enfants qui protègent les plantes... ».